Hier, à la Plaza Mayor nous étions attablés avec devant et autour de nous l’animation habituelle des grandes places, sons et agitation confondus: la cloche qui sonne les heures, ses quarts et ses moitiés, le brouhaha des voix , les hirondelles à l’heure des hirondelles, les cris, les rires et les pleurs des enfants, tout ça dans un son bien rond rapporté par les pierres.
Les gens parlent à la vitesse de la lumière qui a pour effet de nous maintenir dans la distance du spectateur.
À l’heure du paseo, de la tapa, de l’apéro ou du café… ils donnent l’impression de parler et profiter du temps à la journée longue comme si toute la beauté du site, fruit du labeur de leurs ancêtres, leur était destinée sans qu’ils n’aient plus rien à faire… illusions, illusions!
Marie à Segovia
•30 mai 2009 • Un commentairePlaza Mayor
•30 mai 2009 • Laisser un commentaireLa notion de place publique est une chose complètement oubliée en Amérique, et c’est bien dommage. Ici dans la plupart des villes, tout est prétexte à créer des espaces, où la plus grande grégarité est présente, espérée même -bien sûr au grand plaisir des commercants- mais au-delà de ces considérations pécuniaires, les gens, la gente appellent ce type de relation où le plaisir est dans la multitude, un plaisir réellement commun.
Preuve de ceci, Marie et moi sommes assis à une table, isolés dans nos écritures respectives, n’imaginant même pas que nous allons avoir une relation sociale hormis le contact avec le serveur (qui est très gentil par alleurs); ceci en dit long sur nos rapports humains et l’état de notre culture en Amérique du Nord. Pas que ce soit péjoratif, nous avons des cultures différentes après tout, mais il me semble qu’une certaine sophistication culturelle ressort de ceci; ces rapports entre les gens, sont une acceptation véritable des différences, la reconnaissance de soi-même chez les autres, empathie ultime, le nous sommes remplaçant le je suis. Et tout cela dans le plaisir d’y être, juste comme ça.
Post-scriptum
Quand j’ai écrit ce texte, et quand Marie m’a relu, une chose étrange est arrivée; le mot serveur semblait nous amener à sa définition informatique (un serveur de fichiers); peut-être est-ce le fait d’écrire ceci sur un ordinateur, mais quand même, c’est dire à quel point nous sommes en train de perdre quelque chose… Quand le sens social perd du terrain sur son sens informatique… Quand l’humain perd du terrain sur la machine…
Gilbert le philosophe
La fatigue
•30 mai 2009 • Laisser un commentaireTroisième jour à Madrid; une fatigue s’installe, fatigue physique (surtout les pieds), les jambes ne laissent rien passer, qu’à force de leur demander de nous suivre elles se plaignent de nos demandes. À ce moment-là, les musées deviennent lourds, les endroits loin, les retaurants les plus près prennent un attrait tout particulier.
Nous avons vu les oeuvres du fauve Maurice Vlaminck, d’une palette toujours surprenante, qui l’est encore plus quand on est devant les originaux.
Étrange tout de même que malgré toutes les avancées technologiques, que les images qui sont omniprésentes ne soient pas à la hauteur de l’original. Dans le cas de Vlaminck, ceci est évident; n’ayant vu de cet artiste que des reproductions, j’avais l’impression qu’il était fade, classé dans un quelquonque mouvement de histoire, insignifiante parcelle de création n’ayant que peu d’interêt dans le contexte actuel. Mais pourtant ce travail, ces couleurs me touchent et me parlent de la couleur de manière si éloquente qu’elle me surprend et m’enchante.
Les musées et la mort
•29 mai 2009 • Laisser un commentaireLe Reina Sofia à changé de peau: maintenant c’est un musée moderne, très moderne même, avec le travail d’un architecte audacieux, des reconstruction d’espaces à couper le souffle et dans ces espaces, des morts; enfin, oui, des morts… Beaucoup d’oeuvres “modernes” sont du début du XXe siècle, qui s’éloigne de nous de manière constante, laissant les Miro, Gris, Picasso et Tapiès dans un passé de moins en moins contemporain, de plus en plus mythique.
Paradoxalement, ces oeuvres, souvent considérées exubérantes, scandaleuses mêmes, sont maintenant la partie la plus conservatrice d’un musée conservateur… j’imagine les artistes créateurs de ces oeuvres, ironiques devant cet homologuation de leur travail, juste un peu courroucés d’avoir étés complètement assimilés par le système même qui les mettait à l’index.
Gilbert
La cuisine de Madrid
•29 mai 2009 • Laisser un commentaireJe n’aurais jamais cru dire ceci unjour; nous avons mangé dans un restaurant (presque) végétarien à Madrid et j’ai aimé ça!!! Le fait est qu’en Espagne on mange de la viande, beaucoup de viandes séchées, rôties, a la plancha, bref les plats de viandes offerts sont omniprésents et tous d’excellente qualité; mais au bout d’un certain temps, il est vrai qu’un petit légume ne ferait pas de mal dans cet univers de viandes…
Il est vrai aussi que quand on arrive dans une autre culture, il faut réapprendre à se nourrir, car tout ce qu’on connaît ne fonctionne plus; pas les mêmes marques, pas les mêmes prix, ce qui ne coûte rien chez soi vaut une fortune ici et vice-versa…
Bref, on retombe en enfance, on imite ce que les gens d’à-coté prennent, on essaie, on se trompe, on paie trop cher, et graduellement les choses retombent en place, on retourne au même endroit deux fois on reconnaît un plat sur une autre table.
Certains échouent à ce jeu, au profit de tous les McDonalds de la planète…
Le vent souffle sur Madrid…
•28 mai 2009 • Laisser un commentaireJe ne sais pas si c’est le vin ou si c’est le jetlag, mais je suis juste pas en train de me demander si on devait voir ceci, aller par là, voir tel chef-d’oeuvre espagnol; en ce moment un vent frais vient nous soulager d’une légère moiteur madrilène à l’ombre des arbres. Qu est-ce que j’étais en train d’écrire? Les moineaux se font des danses nuptiales; enfin, les mâles dansent, les femelles observent dans une attitude mi-agressive, mi-fascinée, poursuivant le mâle de manière harcelante. je me demande ce que Jean de Lafontaine aurait fait de ceci…
Usure
•28 mai 2009 • Un commentaireIci, tout est usé. On descend un escalier, on entre dans un café, escalier usé, café usé. on s’enorgueuillit de cet usure, on prend le temps de mettre de la pierre, du zinc, de l’acier et du bois bien franc partout pour bien montrer que l’usure fait sa marque bien au-delà des matériaux fragiles comme le plastique; l’usure est bien au-dessus de ces materiaux qui brisent avant d’être usés. Et c’est là tout le charme de l’usure; un plancher, une chaise, qui sont là depuis tant d’années marquent le passage du temps, de notre temps, de nos mémoires comme un arbre qui grandit et que l’on retrouve plus grand chaque fois.
Marie est légère…
•27 mai 2009 • Un commentaireBonjour à vous tous de Madrid, d’une petite terrasse fraîche, car il en existe ici, tout comme les gens qui fument librement ce qui inciterait Gilbert à les imiter… Si je n’étais pas la. Le vin maison fait des merveilles car je sais que nous allons nous retrouver à la plaza mayor sans savoir comment nous y sommes parvenus!
Espagne 2009
•22 mai 2009 • Un commentaire
Bonjour!
Ben oui c’est pas une mauvaise idée de faire un blog; on pourra y écrire les péripeties de notre voyage que vous pourrez lire avec avidité…







