Plaza Mayor

plaza mayor segovia

La notion de place publique est une chose complètement oubliée en Amérique, et c’est bien dommage. Ici dans la plupart des villes, tout est prétexte à créer des espaces, où la plus grande grégarité est présente, espérée même -bien sûr au grand plaisir des commercants- mais au-delà de ces considérations pécuniaires, les gens, la gente appellent ce type de relation où le plaisir est dans la multitude, un plaisir réellement commun.

Preuve de ceci, Marie et moi sommes assis à une table, isolés dans nos écritures respectives, n’imaginant même pas que nous allons avoir une relation sociale hormis le contact avec le serveur (qui est très gentil par alleurs); ceci en dit long sur nos rapports humains et l’état de notre culture en Amérique du Nord. Pas que ce soit péjoratif, nous avons des cultures différentes après tout, mais il me semble qu’une certaine sophistication culturelle ressort de ceci; ces rapports entre les gens, sont une acceptation véritable des différences, la reconnaissance de soi-même chez les autres, empathie ultime, le nous sommes remplaçant le je suis. Et tout cela dans le plaisir d’y être, juste comme ça.

Post-scriptum
Quand j’ai écrit ce texte, et quand Marie m’a relu, une chose étrange est arrivée; le mot serveur semblait nous amener à sa définition informatique (un serveur de fichiers); peut-être est-ce le fait d’écrire ceci sur un ordinateur, mais quand même, c’est dire à quel point nous sommes en train de perdre quelque chose… Quand le sens social perd du terrain sur son sens informatique… Quand l’humain perd du terrain sur la machine…

Gilbert le philosophe

~ par goodgil le 30 mai 2009.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.